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Echec de la Super League, solidité du modèle allemand

Publié le : 26 Apr 2021

L'échec de la Super League marque un coup d'arrêt à la volonté des purs financiers de supprimer toute l'incertitude du foot et toute redistribution au sport amateur afin de maximiser la rentabilité de leurs investissements, aujourd'hui très incertaine et même souvent négative. Mais la future Ligue des champions de l'UEFA est faite pour accentuer encore la domination d'une vingtaine de grands clubs européens, donc va dans le même sens.

Economiquement, le système actuel est pourtant intenable puisque quelques oligarques, milliardaires et fonds souverains sont prêts à perdre des centaines de millions d'euros en contrepartie d'une valorisation de leur image (image du pays pour les fonds souverains, image personnelle ou simple hobby de luxe pour les autres). Obligés de suivre, les fonds d'investissements visant des plus-values à le renvente sont amenés à parier sur le succès de leur club, ce qui n'est  jamais garanti dans le sport. La course folle à la spécuation sur les résultats futurs et la valeur des stars du foot n'a pas de limite : c'est le système actuel, qui ne fonctionne qu'à fonds perdus, toute réussite à la fois sportive et économique restant exceptionnelle.

Trop d'acteurs, des institutions comme la FIFA ou l'UEFA qui ont privatisé le foot et gèrent leur monopole aux agents de joueurs et professionnels du milieu ont intérêt à ce que le système continue à attirer un maximum d'argent. Dans ce cadre, le fonctionnement des clubs allemands (où 50 % du club appartient à l'association sportive) semble le plus stable et le plus vertueux. Pris comme exemple lors de la rénovation des stades de l'Euro 2016, il n'a jamais vraiment été porté en France. Avec l'effondrement prévisible de plusieurs clubs, suite à la crise Mediapro spécifique à notre pays, il faudra bien mettre en place un nouveau système. Pourquoi pas celui-là, fondé sur des ressources pérennes et beaucoup moins spéculatives ? Sans alternative, les clubs français, plus affaiblis que les autres, n'auront d'autres solutions que d'accentuer encore leur rôle de formateur de pépites pour les championnats étrangers.



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