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Vaccins : la politique nationale de la recherche en question

Publié le : 02 Feb 2021

L'échec de l'institut Pasteur dans la conception d'un vaccin contre le Covid est compréhensible sur le plan scientifique et ne témoigne en rien d'un déclassement de la recherche médicale française. Cela arrive.
Celui de Sanofi, qui n'est plus en fait une entreprise française mais une vraie multinationale pose surtout la question du Crédit Impôt Recherche tel qu'il existe : à quoi servent les 150 millions reçus chaque année à ce titre puisque l'entreprise distribue massivement des dividendes tout en réduisant ses effectifs de R et D ? C'est une question pendante depuis longtemps, sur laquelle aucun gouvernement depuis celui de N. Sarkozy n'a jamais voulu revenir malgré les alertes de plusieurs rapports parlementaires. Aujourd'hui, les 6 milliards du CIR doivent être redistribués. 
Enfin, le financement anglais de l'entreprise française Valneva, dont le succès doit être confirmé  ne peut qu'interroger sur notre système de capital-risque. 
Autrement dit, si cette crise ne remet pas en cause le niveau scientifique du pays, elle exige de repenser complètement le financement de la recherche et de l'innovation qui est mis en échec. 
Dans un récent article du Monde, l'économiste P. C. Hautcoeur soulignait que les concepteurs des politiques de recherche, issus des grands corps et écoles de l'Etat, n'ont en réalité aucune compétence ni expérience de la recherche scientifique. C'est la même chose pour ce qui concerne la gestion du Plan investissements d'Avenir (PIA), lourde et peu satisfaisante au regard des milliards engagés, une partie étant gaspillée dans l'ingénierie administrative visant à construire des mastodontes universitaires.
On ne peut que souhaiter de profonds changements dans l'écosystème de la recherche et de l'innovation après 2022. 



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