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Université : les statuts révisés confirment le démantèlement de l'UJM

Publié le : 05 Oct 2020

J'ai abordé depuis longtemps sur ce blog la question de l'avenir de l'université Jean Monnet et de sa disparition au sein de l'université de Lyon initialement envisagée en catimini.

Les statuts révisés de l'université de Lyon qui seront soumis au vote du conseil d'administration de l'Université Jean Monnet (UJM) du 23 octobre sont désormais connus. Ils ne comportent que des modifications de forme et valident le démantèlement pur et simple de notre université.

Le changement de nom,  devenu "Lyon-Saint-Étienne", "l'invitation" (sic) du directeur du campus stéphanois au Conseil d'Administration (CA), ne remettent pas en cause l'attribution de tous les pouvoirs à ce CA et à une multitude d'instances où les représentants des laboratoires, masters, licences aujourd'hui mis en œuvre au sein de l'UJM seront très largement minoritaires. 

La dissolution des facultés stéphanoises (elles sont découpées en morceaux ou, pour le Droit et la Médecine, disparaissent dans de vastes pôles au sein desquels les universitaires stéphanois seront noyés) est confirmée. En Médecine, le recherche stéphanoise et donc le développement du CHU resteraient bien pilotés depuis Lyon, via une convention avec le CHU, sans changement par rapport aux précédents statuts.

Le développement de l'enseignement supérieur et de la recherche dans la Loire passe ainsi sans ambiguïté sous tutelle lyonnaise. C'est le retour à 1960. Il est incompréhensible que de tels abandons soient systématiquement masqués ou éludés par la présidente de l'université.

L'engagement d'une soit-disante "enveloppe budgétaire garantie" pour le campus stéphanois a été ajouté pour calmer les esprits, mais il n'a aucune valeur juridique : l'essentiel des ressources d'une université provient en effet du budget de l'Etat, après le vote d'une loi de finances dont l'annualité a valeur constitutionnelle. La totalité de l'enveloppe ira en outre à l'Université de Lyon et passera par le filtre de son CA, l'UJM n'existant plus. Cet "engagement" qui ne peut avoir de valeur statutaire n'est donc pas crédible sur le long terme.

Enfin, l'objectif avancé d'être labellisé Initiative d'Excellence (IDEX) par l'Etat s'apparente pour l'UJM  à un abus de langage, pour ne pas dire une grosse contre-vérité : avec ce projet, Saint-Etienne ne devient nullement une "IDEX" mais disparait dans une Université de Lyon partielle et incohérente qui n'est elle-même pas assurée d'obtenir cette labellisation. Si elle l'obtient, tous les projets "IDEX" devront en outre être validés par le CA...où les Stéphanois seront minoritaires.

La complexité de l'organisation est accrue, dans une usine à gaz qui ne pourra que dégrader les services et conditions d'enseignement aux étudiants.

Refuser ces statuts, c'est refuser la disparition de l'université Jean Monnet, de valider ainsi un recul inimaginable pour notre territoire et faire confiance aux universitaires de l'UJM pour poursuivre une progression incontestable, déjà internationalement reconnue dans plusieurs grands domaines de recherche et d'innovation.

 



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