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Un projet de gauche réaliste : le budget et la fiscalité

Publié le : 04 Sep 2019

Parmi les débats qui traversent la gauche, celui de la "rigueur" budgétaire est récurrent. D'aucuns considèrent en effet que la limite du déficit annuel à 3 % du PIB et le recul de la dette ne doivent pas être des objectifs prioritaires, d'autant que les taux d'intérêt sont devenus très faibles. Il faudrait plutôt pour eux recourir à nouveau au déficit budgétaire et à l'endettement pour relancer la consommation.

Cette voie reviendrait à pérenniser le coût annuel très elevé des intérêts (plus de 40 milliards, même avec des taux bas), à réduire progressivement l'indépendance des décisions économiques du pays, à nous éloigner de la convergence européenne souhaitée, donc à affaiblir la France en Europe...Pour un bénéfice dont on connait désormais les limites : une relance temporaire et amoindrie par le recours élevé aux importations...C'est pourquoi le maintien d'une gestion rigoureuse s'impose, sans excès mais de manière déterminée, pour faire progressivement reculer la dette à 90 puis 80 % du PIB. Un déficit annuel durablement maintenu entre 1 et de 2 % devrait y suffire, loin des purges budgétaires suggérées par les droites.

Sur le plan fiscal, ceci exige en revanche une révision de nombreuses mesures pour renforcer le consentement à l'impôt et la justice fiscale. Le rétablissement d'un impôt sur la fortune et (ou) sur les grosses successions est à cet égard indispensable, comme la réduction drastique des niches fiscales, des aides pas toujours justifiées aux entreprises, etc. C'est sur ces points que la rupture avec certaines décisions récentes doit être la plus sensible. Une fiscalité plus "verte" est aussi à concevoir puisque c'est un élément essentiel pour changer les comportements et investir fortement en faveur de la protection de l'environnement.



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