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Un projet de gauche réaliste : la croissance verte

Publié le : 04 Sep 2019

L'urgence des enjeux  environnementaux bouleverse depuis quelques mois la vision de l'avenir du pays et du monde : le défi climatique impose d'accélérer considérablement le rythme de la transition énergétique, les questions de santé liées à l'environnement se multiplient, etc. Autrement dit une forme d'angoisse monte dans la population, donnant raison aux écologistes qui furent sur ce point des "lanceurs d'alerte" avant les autres.

Ceux-ci proposent-ils pour autant les solutions les plus adaptées ? Rejeter le nucléaire, par exemple, revient soit à accélérer le changement climatique si on le remplace par le charbon comme en Allemagne, soit à bloquer toute croissance si on ne prend pas le temps d'y substituer les énergies renouvelables, ce qui est impossible dans l'immédiat.

L'idéologie d'une partie des écologistes peut pousser au choix de la décroissance ou du moins de la croissance zéro : ceci satisferait certainement une poignée de convaincus, mais n'est en aucun cas susceptible de répondre aux besoins et attentes d'une large majorité de la population. Au niveau international comme national, réduire les inégalités passe par le maintien d'une certaine croissance économique.

Plus largement, rester dans le mouvement du progrès (une constante de la gauche), chercher à alléger la peine des activités humaines, lutter contre la faim, réduire le chômage et la précarité etc. ne sont pas compatibles avec la stagnation ou le retour au passé.

Mobiliser la science et les technologies, faire évoluer les comportements pour une croissance plus sobre, plus verte (mais une croissance tout de même), et le faire rapidement constitue l'agenda de la gauche face aux défis environnementaux. Cette croissance verte doit évidemment inclure une forte dimension de justice sociale, non seulement pour être acceptée mais aussi pour être efficace. Elle ne doit pas écarter, au contraire, l'idée d'une nouvelle baisse du temps de travail dans les métiers les plus difficiles et ceux où, à l'évidence, les gains de productivité liés à la robotisation et la numérisation sont tels qu'ils imposent un nouveau partage du temps de travail pour y préserver le volume d'emplois.

La mise en oeuvre de ces orientations passe par la participation de nombreux acteurs sociaux et de nouveaux choix budgétaires et fiscaux assumés.



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