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Un nouvel imp√īt sur la fortune pour financer la dette du Covid 19

Publié le : 13 Apr 2020

Pour la première fois dans l'histoire contemporaine,  l'économie de la France a du être arrêtée brutalement pour des raisons sanitaires, pour sauver de maximum de personnes du décès ou de graves problèmes de santé, notamment celles âgées de plus de 65 ans.

Sans équivalent passé et sans connaissance précise de la date du retour à la normale, il est impossible de prévoir toutes les conséquences économiques de cette décision appliquée aussi au niveau mondial, donc génératrice d'un blocage décalé dans le temps des échanges internationaux.

Les premières décisions nationales, européennes, et internationales ont été dictées par les expérience de 1929 et d 'autres crises survenues depuis, y compris en 2008  : le soutien de la demande solvable par les états et les banques centrales est massif, le crédit et les déficits publics largement ouverts : une nouvelle victoire - totale - de Keynes, plus de 80 ans après son ouvrage majeur et en dépit des nombreux changements économiques intervenus depuis. Chapeau !

La question des conditions de sortie de ces plans de soutien est cependant inédite, en l'absence de précédents historiques de cette ampleur. A ce stade, malgré le brouillard dans lequel se trouvent tous les économistes,  l'absence d'inflation comme la reprise certainement très progressive de la consommation et des échanges entre septembre 2019 et juin 2020 n'induisent pas de craintes de fortes hausses de prix sauf peut-être dans quelques secteurs restreints, de façon temporaire. En revanche, la croissance des déficits publics et des dettes souveraines sera bien une question à traiter en 2021 et les années suivantes.

Certains comme J-L Mélenchon imaginent que personne ne paiera jamais ces dettes, la BCE pouvant créer sans limite de la monnaie...Il n'y aurait donc pas de raison de se restreindre, pour cet objectif comme d'ailleurs pour d'autres : open bar en toutes circonstances, c'est évidemment facile...Mais c'est un rêve qui bute sur la crédibilité internationale de l'euro, sur les exigences de rigueur des pays d'Europe du nord, plus fondamentalement encore sur l'accès aux financements nouveaux...lesquels impliquent l'existence d'investisseurs ayant suffisamment confiance dans la crédibilité des emprunteurs.

En France, quel que soit le montant du plan de soutien finalement adopté, il serait particulièrement injuste de reporter la totalité du financement d'une dette publique passant de 100 à 110 ou 115% du PIB environ sur les seules générations futures (en gros, les français de...moins de 65 ans aujourd'hui).

Aussi, établir une contribution progressive sur la fortune, sous une forme ou une autre, serait une des voies les plus justes face à ce choc sanitaire et financier, pour des raisons d'équité comme d'efficacité économique : c'est le sens de ma proposition récente sur la plateforme Le Jour d'Après (à voir ici).



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