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Revoir la politique nationale de fusion des universités

Publié le : 01 Nov 2020

A Toulouse comme à Lyon-Saint-Etienne, l'Etat est le principal responsable de l'échec de ces deux projets d'"IDEX". A Toulouse, c'est son exigence d'une fusion impérative des universités qui a justifié son rejet d'une proposition d'université fédérale. A Lyon-Saint-Etienne le refus de l'université Jean Monnet de perdre sa personnalité morale et juridique en fusionnant dans un établissement plus vaste centré sur Lyon qui a entrainé l'arrêt du projet.

Compte tenu de la densité scientifique de ces villes que personne ne peut contester, ces échecs posent une question plus générale sur l'efficacité et la crédibilité de la politique nationale de concentration conduite depuis plusieurs années.

Vouloir faire progresser la recherche et l'innovation en favorisant financièrement les établissements qui multiplient les coopérations est évidemment compréhensible, mais le réalisme devrait conduire à reconnaitre l'évidence :  notre pays est divers,  chaque site à vocation à progresser à son rythme, par des fusions pleines et entières ici, des universités fédérales là, et même d'autres schémas coopératifs ailleurs.

Plutôt que de poser des exigences purement organisationnelles qui s'avèrent bloquantes dans plusieurs villes universitaires importantes, mieux vaudrait faire preuve de pragmatisme et souplesse sur ce point, pour se concentrer sur les seuls critères pédagogiques, scientifiques et le caractère innovant des projets d'IDEX.

Si rien ne bouge d'ici 2022, ce débat reviendra nécessairement lors de l'élection présidentielle.
 

 

 

 



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