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Réaction au rapport de la Cour des Comptes sur l'Euro 2016

Publié le : 29 Sep 2017

Je découvre dans Le Progrès des éléments du rapport final de la Cour des Comptes que je n’ai pas encore reçu. Au regard des informations diffusées, je souhaite faire part des observations suivantes.

1/ En matière de bonne utilisation de l’argent public, la première chose qui devrait être soulignée est la véritable dérive financière pour les collectivités territoriales qui, de Lille à Marseille en passant par Bordeaux et Nice ont choisi le recours à la formule du « Partenariat Public Privé » pour réaliser de nouveaux stades. Loyers très élevés (souvent sur 30 ans) pour les villes comme pour les clubs, sans aucune comparaison avec ce que supporteront les contribuables stéphanois et toulousains dont les maires de l’époque ont choisi la rénovation et la maitrise d’ouvrage publique. En outre, presque tous les projets financés sur PPP font aujourd’hui l’objet de débats ou de contentieux graves dans les villes concernées.


2/ Sur la position de la Cour favorable à des financements des stades 100 % privés : il faut d’abord noter que le stade de Lyon, pourtant « pris en exemple », n’est pas un stade financé à 100 % sur fonds privés, contrairement à la légende : il bénéficie de plusieurs garanties de financements apportés par les collectivités territoriales et du soutien de la Caisse des Dépôts, sans parler du coût public des infrastructures d’accès. En outre, sa rentabilité est loin d’être assurée, y compris après le naming. En France, hors soutien massif de fonds souverains, les clubs ne peuvent pas financer leurs stades et espérer les rentabiliser. Le modèle anglais suppose à la fois des prix des places et des droits-télé très élevés comme une visibilité internationale loin d’être atteinte par les clubs français.

3/ La rénovation du stade Geoffroy-Guichard

Je ne peux que me féliciter de l’appréciation positive sur le choix de la rénovation, effectivement 4 fois moins couteuse qu’un stade neuf. Dois-je rappeler que j’ai du imposer cette option, à l’époque, contre l’avis des deux présidents de l’ASSE, de la CCI et de l’opposition locale, particulièrement de M. Perdriau ?

En revanche, il est hautement contestable de conclure sur son supposé coût pour le contribuable sans le mettre en rapport avec les financements par PPP qui furent beaucoup plus onéreux (cf. ci-dessus). En fait, la Cour semble adopter une position idéologique sans nuance favorable aux stades financés à 100 % par le privé sans en apporter la moindre preuve comptable, ce qui il est vrai nécessiterait le retour sur quelques années d’exploitation.

Le montant du loyer demandé à l’ASSE doit effectivement être en rapport avec la qualité de la nouvelle infrastructure, et c’est bien ce que prévoyait, dans son principe, la convention qui avait été signée fin 2013 (1,4 million de base à partir de l’estimation précédente de la Chambre régionale des Comptes + un surplus lié aux recettes nouvelles jusqu’à 2,5 millions). Si l’expérience montre qu’elle doit être ajustée à la hausse après une nouvelle estimation de la CRC, rien n’interdit de procéder aujourd’hui à cet ajustement.

Enfin, le stade est-il surdimensionné ? Il suffit que l’ASSE brille quelque peu dans l’Europa League ou même dans la ligue 1 pour que le stade soit rempli à 100 %, sans parler des grands évènements internationaux que nous pouvons désormais accueillir et qui exigent cette taille. Suivre la Cour des Comptes sur ce point serait s’interdire une telle ambition pour le club et l’accueil de grandes compétitions à Saint-Etienne. J’assume donc pleinement la décision politique que j’ai prise, qui ne va pas sur ce point dans le sens de l’approche comptable de la Cour.

Je note enfin que, depuis son inauguration, notre stade fait l’unanimité.



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