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Réforme des retraites : écouter la CFDT et les syndicats réformistes

Publié le : 04 Jan 2020

La réforme de la retraite par points constitue un système plus juste dans la mesure où il est accompagné par une réelle prise en considération de la pénibilité de certains métiers ou conditions de travail (la nuit, notamment), des courtes périodes de travail qui n'étaient jusqu'ici pas retenues (inférieures à 150 h), de la situation des femmes, des carrières longues, etc.

En principe, on ne devrait plus avoir de référence aux trimestres cotisés, pusique c'est le total des points obtenus multiplié par leur valeur qui déterminera le montant de la retraite accessible après l'âge de 62 ans, âge d'ouverture du droit (60 ans pour les carrières longues).

Assurer une transition acceptable avec le système actuel exige aussi l'engagement que le nouveau calcul de la retraite sur la totalité de la carrière ne sera pas inférieur à la pension actuellement perçue, notamment par les enseignants qui ne bénéficient pas de primes élevées. De même, la valeur du point doit être garantie, avec une évolution au minimum égale à l'inflation, sous le contrôle d'une gestion paritaire qui aura aussi la responsabilité de veiller à l'équilibre du système à long terme, en liaison avec l'évolution de la croissance et de l'emploi.

Dans aucun scénario du COR à moyen et long terme le poids des retraites dans le PIB ne dépasse le seuil actuel proche de 14 %, ce qui signifie que les retraites, malgré la hausse prévue du nombre de retraités, ne pèseront pas plus qu'aujourd'hui sur le revenu national même si la croissance annuelle moyenne ne dépasse pas le niveau faible de 1 % ( et moins si elle se situe  au-dessus).

Dans ces conditions, imposer dès maintenant un "âge-pivot" à 64 ans revient à durcir le système de manière à la fois prématurée et inutile à moyen terme, sauf à vouloir faire diminuer la part des retraites dans le PIB.

Donner des gages, une nouvelle fois, à la droite et s'aliéner le soutien des syndicats réformistes est un choix politique regrettable, indéfendable pour ceux qui ont soutenu Emmanuel Macron sur la base de son programme progressiste de 2017. Il vaudrait mieux, à l'inverse, écouter la CFDT et les syndicats réformistes.



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