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R.Juanico quitte le PS et réécrit son histoire

Publié le : 15 Jun 2018

C’est peu dire que la lecture de linterview de Régis Juanico dans Le Progrès du 25 juin surprendra ceux qui connaissent la réalité de son parcours dans ce parti. Pour y avoir milité pendant 38 ans, je ne saurais rester sans réaction à cette pure réécriture de l'histoire destinée avant tout à soigner son image locale, bien loin de ses positionnements successifs réels.h

En premier lieu, il est logique que R. Juanico quitte le PS et s'engage dans le mouvement Générations. Ce qui l'est moins, c'est qu'il ne l'ai pas fait dès le début, après avoir été l'un des députés les plus actifs pour faire tomber le gouvernement Valls - Hollande en 2015-2016. Sans doute a-t-il pris conscience de l'impasse politique de ce mouvement, conséquence pourtant logique d'une stratégie à la quelle il a participé au plus haut niveau auprès de Benoit Hamon.

Car, non, en souhaitant déposer une motion de censure contre le gouvernement socialiste, les "frondeurs" n'étaient pas des "lanceurs d'alerte" comme le dit sans rire R. Juanico aujourd'hui, mais des députés qui en toute responsabilité voulaient mettre un terme à l'action  gouvernementale après avoir mené une guérilla parlementaire qui a ruiné 30 ans d'action pour faire du PS un parti crédible de gouvernement. Etre en désaccord avec la politique menée par son parti est une chose parfaitement compréhensible, vouloir le faire chuter devant les français ne peut-être que suicidaire, la suite l'a montré.

En second lieu, on apprend que R. Juanico aurait agi "depuis 28 ans" pour ancrer le PS plus à gauche mais que "trop souvent nous avons mis le couvercle sur la marmite, en 2002 avec  Jospin, puis Hollande". A ce niveau, beaucoup de socialistes doivent s'étrangler...Car où était R. Juanico de 1997 à 2002, à l'époque où L. Jospin était Premier Ministre ? Membre du cabinet d'Alain Richard, rocardien historique s'il en est. Tout le monde sait d'ailleurs que R. Juanico était lui-même rocardien à ce moment là, directement issu de la direction du MJS. Donc plus que solidaire, associé directement aux politiques conduites à l'époque...Et loin, très loin de "la gauche" du PS. C'est d'ailleurs comme rocardien qu'il a rejoint la fédération de la Loire pour trouver un point de chute électoral à l'initiative de G. Lindeperg.

Enfin, lire que R. Juanico "éprouve une forme de lassitude vis-à-vis de l'appareil du PS" ne peut relever que de l'autodérision compte tenu du temps qu'il a y passé lui-même comme  apparatchik chargé de défendre coute que coute les positions électorales de B. Hamon. Quitte à liquider ici et là tous ceux qui n'étaient pas strictement d'accord avec eux. Une démarche efficace, en particulier dans la Loire où "65 % des militants" votent toujours "pour la gauche du PS", c'est vrai. Le problème, c'est qu'ils étaient 1200 adhérents à l'arrivée de R. Juanico et 240 aujourd'hui.

 



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