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Municipales : l'échec de LaRem, une nouvelle social-démocratie à construire

Publié le : 14 Mar 2020

Lors de ces municipales, la sanction du gouvernement et du Président de la République s'est bien reproduite, comme en 2008 et 2014, mais elle a joué cette fois au détriment des candidats LaRem, la plupart étant dans les oppositions municipales, cantonnés entre 3 % (Reims) et 15 %. La qualité de certains candidats, députés, ou reconnus comme Olivier Noblecourt à Grenoble, Thomas Cazenave à Bordeaux, n'y a rien changé. Certains maires sortants, pourtant peu nombreux à avoir ce label, le paient aussi cash comme à Toulouse, Nancy, Lyon où ils seront probablement battus.

Cet échec du parti d'Emmanuel Macron n'est pas une surprise, mais il est massif et devrait être analysé comme tel, sans s'abriter derrière quelque statistique que ce soit : après le choix assumé d'une politique de centre-droit depuis deux ans, le parti du Président ne dispose plus aujourd'hui que d'un électorat résiduel. Avec la crise sanitaire et la suspension du projet des retraites, une occasion de "rééquilibrage" va apparaitre dans les mois à venir : sera-t-elle saisie et à la hauteur ? Impossible de le dire aujourd'hui, d'autant que l'ampleur de la crise économique liée au coronavirus ne peut être évaluée.

Beaucoup d'observateurs soulignent le succès du vote écologiste, en liaison avec l'urgence de l'action contre le réchauffemlent climatique. En réalité, celui-ci bénéficie topujours, parfois très fortement, du vagabondage du vote social-démocrate : celui-ci a déserté LaRem pour les raisons évoquées ci-dessus sans se retrouver totalement dans les listes issues du PS, sauf dans certaines villes comme Nantes, Le Mans ou Dijon.

Le second tour verra certainement l'élection de nouveaux maires écologistes, ailleurs les nouvelles municipalités de gauche seront nettement plus teintées de vert. Mais dans la perspective de l'élection présidentielle de 2022 où le candidat écologiste sera forcément confronté à un plafond plus bas et où les propositions du PS actuel sont inaudibles, la construction d'une nouvelle social-démocratie dotée d'une réelle ambition environnementale et d'une attention complètement repensée aux "perdants de la mondialisation" est absolument indispensable, c'est l'enjeu majeur des deux années à venir.



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