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Macron, MĂ©lenchon et l'opposition de droite

Publié le : 03 Apr 2018

La situation sociale actuelle illustre à la fois la résistance à des changements souvent nécessaires et la crainte de regression sociale sous la pression de la mondialisation, d'une Europe trop favorable au libéralisme économique.

Sur le plan politique, la France Insoumise de J-L. Mélenchon exprime ce sentiment de révolte : c'est une force purement protestataire, désormais importante après la disparition du PCF,  de l'extrême-gauche et le rejet du PS. Elle n'a pourtant aucun débouché politique positif puisqu'elle refuse toute alliance. Mélenchon enferme ainsi ses électeurs dans une impasse politique totale, et interdit pratiquement toute alternance de type "Union de la gauche" comme le faisait de facto le PCF jusqu'à la fin des années soixante. En réalité, J-L. Mélenchon ne veut  pas accéder au pouvoir - détruire définitivement le PS et le PCF lui suffit - sans doute de peur de se confronter aux dures réalités politiques comme a su le faire A. Tsipras en Grèce, avec courage.

A l'extrême-droite, le FN a prospéré jusqu'ici sur un autre discours protestataire, imputant aux immigrés, à l'Europe et aux "sortants" tous les malheurs de notre pays. J-M. Le Pen ne voulait pas lui non plus accéder au pouvoir, mais désormais ses successeurs le souhaitent, à commencer par Marine Le Pen :  elle a pris la mesure du refus largement majoritaire des français d'abandonner l'Euro, elle voudrait désormais un rapprochement avec la droite la plus nationaliste. Cependant, elle est affaiblie politiquement pour conduire une telle mutation, et personne ou presque chez Les Républicains est prêt à consentir à ce baiser de la mort.

Ainsi, à l'avenir, l'opposition principale à Emmanuel Macron viendra nécessairement de la droite, car seul LR portera un projet d'opposition frontale tout en ayant la crédibilité d'un parti de gouvernement et en pouvant s'appuyer sur les nombreux d'élus locaux issus des désastres socialistes de 2014 et 2015.

C'est bien cette confrontation qui se dessine pour les années à venir, et aucune autre à gauche.

C'est pourquoi Emmanuel Macron doit prendre garde à ne pas désepérer la gauche de gouvernement, européenne, consciente des compromis à conclure mais attachée à la justice sociale, car sinon son affaiblissment ouvrirait une large perspective à la droite de plus en plus influencée par le populisme, le conservatisme, et sans états d'ame sur les reculs sociaux.

 



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