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Les raisons de fond de la crise de la social-démocratie en Europe

Publié le : 20 Jun 2019

Le recul, parfois l’effondrement des partis sociaux-démocrates touchent presque tous les pays européens. S’il est facile de critiquer leurs dirigeants (ce qui est parfois justifié)  les causes profondes de ces reculs se situent ailleurs : partout, une partie importante de la population subit des effets négatifs de la mondialisation, voit la précarité s’accroitre et se sent oubliée. Elle demande massivement une protection accrue face à la concurrence des pays à bas coûts, des travailleurs détachés, une maitrise réelle des flux migratoires qu’elle juge incontrôlés. La sécurité publique est devenue une de ses préoccupations majeures après les attentats dus à l’islamisme radical.

Ces thématiques qui renvoient aux questions de frontières, nation, souveraineté, protectionnisme, sécurité, défense, sont depuis des lustres des questions privilégiées par la droite et l'extrême-droite, alors que traditionnellement les propositions phares des sociaux démocrates portent sur la réduction du chômage, la justice sociale, les libertés sociétales, le progrès à partager au niveau international. Il n'est donc pas étonnant de constater un glissement de la population en faveur de la droite, du souverainisme, en France comme ailleurs.

Contrairement à ce qui est souvent avancé, les sociaux-démocrates n’ont pas abandonné les couches populaires,  c'est l'inverse : les principales préoccupations de celles-ci ont changé et les poussent vers les partis de droite ou l’extreme-droite.­ La société française, comme ailleurs, évolue donc vers la droite. Ce mouvement est renforcé par la crise de la représentation démocratique et la croyance que des solutions simples et radicales existent, d'où le succès des populismes, particulièrement à l'extrême-droite.

Ces évolutions ne sont pas définitives. La prise de conscience des enjeux écologiques progresse rapidement, l'attente d'une réduction des inégalités sociales aussi. La "gauche de gouvernement" a donc un avenir, à condition de se refonder complètement et de proposer des réponses crédibles à l'angoisse des couches populaires.

 

 

 



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