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Les progressistes face à la logique de la 5ème République

Publié le : 30 Apr 2019

Notre système politique comporte deux élections majeures, la présidentielle et les municipales, car les deux assurent un important pouvoir exécutif au vainqueur, respectivement au plan national et local.

L'élection présidentielle se joue entre 2 candidats. Pour les électeurs dont le candidat préféré n'a pas été sélectionné à l'issue du premier tour, le vote de deuxième tour est un vote de "second choix" ou d'opposition majeure à l'autre candidat, ou encore l'abstention.

Depuis 2012, la situation politique de notre pays fait ressortir l'adhésion de 12 à 20 %  des électeurs en faveur de la gauche protestataire (LFI + extrême gauche). Aujourd'hui, ce bloc s'est isolé sur une orientation tellement antilibérale qu'elle ne permet aucune alliance au second tour. Il s'affaiblit aussi en raison des propos ou comportements extrêmistes de ses dirigeants. Même isolement à l'extrême-droite, mais à un étiage beaucoup plus élevé, autour de 30 % si on ajoute au Rassemblement National les nationaux-populistes type Dupont-Aignan dont les électeurs sont favorables à un accord avec le RN.

Désormais, ce deuxième bloc est quasiment assuré d'avoir un candidat au 2eme tour de la présidentielle, comme on l'a vu en 2017, alors que le premier bloc est certain du contraire : pour les électeurs de la gauche protestataire, au 2eme tour le choix restera celui de l'abstention ou du vote anti - RN.

Les autres courants d'opinion sont tous affaiblis, particulièrement celui de la gauche "de gouvernement" qui rassemblait traditionnellement au minimum 25 % des électeurs. Divisés, ses électeurs sont en outre privés de toute possibilité d'alliance, désormais, avec la gauche radicale qui ne conçoit celle-ci qu'à la condition de la diriger, sans parler des raisons de fond.

La constitution d'un rassemblement progressiste central, ralliant les sociaux-démocrates, les centristes et progressistes issus du centre-droit est donc la seule solution pour éviter le succès du national populisme (RN) ou de la droite traditionnelle, laquelle résiste en portant un discours idéologiquement de plus en plus réactionnaire et anti social.

La Répunlique en Marche a su tenir cette place centrale en 2017 : si  ce bloc perd le soutien des électeurs sociaux-démocrates en dérivant vers la droite comme on le ressent depuis un an, son affaiblissement ouvrira comme seule possibilité un affrontement RN / LR en 2022.

 

 



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