A LA UNE

Le développement territorial face à l'ambition des IDEX

Publié le : 17 Jul 2020

La concentration des universités et écoles étant jusqu'ici présentée (sous des formes variables) par l'Etat comme une condition d'obtention du label IDEX, il est devenu urgent d'en souligner l'impact délétère sur les universités moyennes, souvent pluridisciplinaires, ancrées dans leur territoire et devenues des acteurs majeurs du développement économique local.

En effet, à ce stade tous les "bonus financiers" liés aux IDEX ne les concernent pas, et ces subsides du "grand emprunt" sont réservés à l'irrigation supplémentaire de quelques grandes métropoles régionales ( + Paris, bien sûr) où la fusion d'universités arbitrairement divisées par l'histoire ne changera rien au dynamisme économique spontané.

On nous répondra sans doute qu'une "2ème divison" existe via les labellisations I-SITE, moins bien dotées et limitées à quelques thématiques. Mais même en "2ème division" ce sont toujours les plus grandes métropoles (Lille, Nantes,Montpellier, Paris) qui ressortent. A ce niveau de sélectivité, l'Etat fait donc nettement plus fort que la Ligue 1 ! Seules les universités de Clermont-Ferrand, Lorraine, Bourgogne-Franche Comté et de Pau sont des I-SITE  générant un impact positif sur le développement territorial.

A l'heure où la réconciliation avec les territoires est à l'ordre du jour, il est difficile d'imaginer qu'une telle polarisation des investissements publics de "l'économie de la connaissance" ne puisse s'assouplir . D'autant qu'elle est injuste pour nombre d'universités et de villes ayant investi de longue date sur des projets d'excellence.

Si toutefois rien ne devait bouger, l'UJM ( 20.000 étudiants, 40 équipes reconnues) pourrait au moins postuler à un I-SITE au même titre que Pau (13.000 étudiants, 25 équipes reconnues), surtout si elle portait une demande commune avec l'Ecole des Mines.

Enfin, l'UJM pourrait tout simplement rester elle-même, avec ses pôles d'excellence reconnus, développer une stratégie de partenariats européens au sein de réseaux d'universités soutenus par l'Union européenne et...l'Etat. Surtout si les collectivités territoriales de la Loire bonifiait ses aides déjà existantes.

On est donc très loin du "There is no alternative".

 



Autres articles de cette rubrique