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La gauche, Macron et les années 30

Publié le : 06 Oct 2018

Au moment où le PCF déjà très faible se divise comme jamais dans l'histoire, les medias annoncent que la gauche du PS (la "motion  Maurel") quittera bientôt celui-ci pour créer un nouveau parti avec le MRC de Chevènement, prélude à une alliance avec les Insoumis et quelques places sur leur liste aux Européennes de 2019. Une explosion totale, donc, du seul grand parti de gouvernement que la gauche a connu depuis 1972, qui se transforme désormais en pulvérisation pure et simple. C'est évidemment dramatique pour la capacité de la gauche historique à gouverner le pays, disparue en moins de deux ans.

Cette situation est regrettable mais elle est inéluctable pour une certaine période dans la mesure où des divergences majeures opposent les divers partis, en particulier sur l'Europe. En outre, le pôle le plus important (France Insoumise) est avant tout une organisation contestataire dont le projet réel n'est pas d'affronter les difficultés de l'exercice du pouvoir. Il ne s'alliera que pour dominer une coalition qui, comme partout ailleurs, restera très minoritaire. Tout ceci est connu.

Sans projet commun, les diverses formations - des Insoumis jusqu'au PS - n'ont plus qu'un seul discours depuis 18 mois : taper  sans discernement sur E. Macron et caricaturer toutes les décisons qui ont été prises, présentées comme un retour au 19eme siècle... Mais plus rien ou presque contre la droite et l'extrême-droite, comme si celles-ci n'existaient plus en dépit du score de leurs candidats aux dernières présidentielles (2eme et 3eme au premier tour, malgré les "affaires").

Ce comportement des partis issus de la gauche historique est suicidaire. E. Macron commet des erreurs et certaines des mesures  prises sont inopportunes, certes. Je les pointe moi-même régulièrement sur ce blog, et un PS plus constructif pourrait leur donner un véritable poids au nivau national.

Mais il faut être  fou pour ne pas se rendre compte que l'échec du Président et du gouvernement actuels ouvrirait un boulevard à la droite dure ou à l'extrême-droite en 2022.

Nous vivons une situation proche de celle des années 30 en Allemagne où les sociaux-démocrates faisaient l'objet de toutes les  critiques et déstabilisations. La 5eme République impose un duel au 2eme tour de la présidentielle qui peut un temps nous protéger des extrêmes... mais pas du duel LR / FN auquel E. Macron nous a déjà permis d'échapper en 2017.

 

 



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