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La République en Marche, la tentation du centre-droit

Publié le : 26 Jun 2019

Après le mouvement des Gilets Jaunes, plusieurs mesures d'augmentation du pouvoir d'achat ont été prises à juste titre, notamment avec la hausse de la prime d'activité et la préservation des retraites petites et moyennes d'un surplus de CSG. Puis les élections européennes ont mis en évidence l'adhésion de nombreux électeurs de droite et de centre-droit au discours et décisions du gouvernement depuis un an.

Est-ce ce large basculement qui conduit Emmanuel Macron et son gouvernement à enfoncer le clou dans cette direction avec la réforme de l'assurance chômage ? Ou la froide analyse de la dispersion définitive de la gauche de gouvernement ( y compris au PS dont le discours est devenu celui des frondeurs), donc de l'absence de tout risque de concurrence de ce coté-là ? Ou enfin l'adaptation à une opinion publique qui évolue vers la droite ?

Le choix du centre-droit peut effectivement finir de marginaliser LR en le privant d'espace politique "modéré" à droite. C'est peut-être bien (sans doute ?) la stratégie gagnante pour 2022, faute de contre projet et de personnalité crédibles à gauche. La menace de l'extreme-droite qui s'enracine y contribue aussi.

Mais c'est aussi une évolution majeure par rapport à 2017 et pour moi la fin de l'adhésion au projet de positionnement "central" de En Marche qui était porté à l'époque.

A l'instar de beaucoup d'électeurs venus de la gauche, je continuerai évidemment à préférer Macron à Wauquiez, Jacob ou bien sûr Le Pen. Mais ce sera un vote par défaut et non plus de soutien.

Sur le fond, la reconstruction programmatique d'une "gauche du réel" devient la première urgence. Elle ne doit pas exclure a priori un soutien futur au Président de la République, mais à condition que ses propositions soient vraiment prises en compte et que la justice sociale se retrouve à nouveau pleinement dans les décisions du gouvernement.



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