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Gilets jaunes, E. Macron à la croisée des chemins

Publié le : 04 Dec 2018

La colère des "gilets jaunes" est multiforme, inorganisée, mais a quelques points communs : le rejet des élites, partis politiques et notamment des élus ;  le refus des taxes et impôts jugés confiscatoires ; la révolte face à des inégalités sociales excessives que l'outrance du scandale Carlos Ghosn est venue illustrer à point nommé.

Les deux premières raisons convergent dans une sorte de nouveau poujadisme, particulièrement visible chez les "durs" qui intimident les citoyens et refusent les manifestations encadrées.  Comme avec le poujadisme des années 50 qui lança la carrière de J-M Le Pen, leur seul débouché politique est l'extrême-droite dont leurs animateurs viennent pour la plupart. Les élus de la gauche protestataire ou non qui s'y associent sont leurs "idiots utiles".

La troisième raison, en revanche, touche beaucoup plus de monde et mérite une réelle inflexion de la politique fiscale et sociale du gouvernement. Si ce dernier en tire la conclusion qu'il faut réduire la fiscalité écologique ou plus largement baisser de façon importante les prélèvements, il ne pourra plus lutter contre le réchauffement climatique ou maintenir le niveau des services publics majeurs (école, université, santé, sécurité, défense, transports, logement etc.). C'est une voie à proscrire.

En revanche, le rééquilibrage des mesures fiscales en faveur des couches moyennes modestes, compensée par une augmentation des contributions des plus aisés  sur le revenu et le patrimoine sont indispensables. Comme je l'ai souvent souligné sur ce blog, la justice fiscale et sociale n'est pas une option dans notre pays, c'est une exigence portée par 70 % des français, bien au-delà de la gauche.

En fait, Emmanuel Macron est à la croisée des chemin : soit il prend la mesure de la puissance du sentiment d'injustice sociale, du rôle indispensable des syndicats et corps intermédiaires, soit il renforce les orientations libérales de ses politiques pour complaire aux  "anti-taxes et anti-impots". Dans le deuxième cas, il s'engagera dans une voie sans issue, car il trouvera toujours plus libéral que lui sur sa droite.

En 2022, mieux vaudrait éviter le dangereux duel Wauquiez-Le Pen que préparent les manifestations actuelles.



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