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Gagnants et perdants de la mondialisation, la nouvelle lutte des classes

Publié le : 03 Feb 2021

Si différentes catégories sociales composent aujourd'hui nos sociétés, beaucoup de sociologues considèrent que la notion de classe sociale ne recouvre plus de réalité ou est très insuffisante, en tout état de cause, pour penser les rapports sociaux et la nature des conflits actuels. 
Cependant, les élections successives dans de nombreux pays, des USA au Royaume-Uni en passant par le Brésil tendent à faire ressortir de plus en plus clairement une nouvelle opposition qui structure les opinions publiques : il ne s'agit plus vraiment de "classes" mais plus globalement des gagnants et des perdants de la mondialisation, dans le cadre d'économies de plus en plus automatisées et numérisées.
Les plus modestes,  les " perdants" et ceux qui s'y reconnaissent, bref les catégories les plus populaires, devraient en principe se retrouver dans les valeurs de gauche garantes du progrès social auquel elles aspirent. Or ce n'est plus le cas. Au contraire, ils se sentent oubliés par les progressistes attachés à l'ouverture sur le monde  et se retrouvent massivement derrière Trump, Bolsonaro ou Johnson...souvent en compagnie des plus aisés et conservateurs.
Ils demandent plus de protection, plus de sécurité, plus de solidarité, et les gauches traditionnelles n'y répondent pas assez.
Les 71 millions de voix recueillies par D. Trump après son mandat délirant doivent sonner l'alerte :  si les progressistes ne se saisissent pas des questions qui traumatisent les perdants de la mondialisation, ils risquent d'être durablement exclus du pouvoir. En France les 48 % attribués à M. Le Pen dans un sondage récent en illustrent l'actualité. 


 



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