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Franc suisse : la facture Dexia autour de 15 milliards

Publié le : 06 Feb 2015

La forte hausse du Franc suisse par rapport à l'Euro (passé de 1,20 à 1,04) fait exploser le coût des emprunts toxiques indexés sur cette parité. Selon les formules d'indexation, on passe de taux d'intérêt des emprunts souscrits déjà très élevés (6 à 8 %) à des taux exorbitants (15 à 30 %). Du délire en période d'inflation nulle...

La gravité des pertes, le montant des prêts impactés, le nombre de collectivités territoriales mises en difficulté demandent à être évalués avec précision. Mais, ce qui est certain, c'est qu'il y aura beaucoup de perdants, les collectivités et l'Etat puisque la plupart de ces produits ont été vendus par DEXIA (aujourd'hui SFIL, nationalisée). Pour cette société, le risque de pertes sur produits toxiques était de 6 milliards € avant ces nouvelles évolutions (dont 3 sur le seul franc suisse). Donc sans doute 8 milliards aujourd'hui (dont 5 sur le franc suisse)...qui seront à la charge des français (via les impots locaux et nationaux).

Rappelons que la déconfiture de  DEXIA a déjà coûté 7 milliards au contribuable...A ce stade (qui n'est pas le dernier), si rien n'est entrepris pour défendre notre pays dans cette affaire, le coût sera donc de 15 milliards environ, autant que le Crédit Lyonnais !

Retour sur les faits : avant 2008, Dexia a vendu aux collectivités des milliards de prêts spéculatifs qu'elle avait elle-même souscrits auprès de banques américaines. La découverte du scandale a conduit de nombreuses collectivités à agir dès 2009 pour sortir de ce piège, en utilisant tous les moyens juridiques. L'Etat, de son coté, a nationalisé DEXIA en refusant à l'époque de créer une  "structure de défaisance"  qui aurait permis de cantonner ces produits pourris et de négocier immédiatement avec les collectivités et les banques américaines un schéma global de "partage des pertes" avec l'avantage de supprimer tout risque ultérieur de dégradation.

La stratégie retenue en 2010 a été de conserver l'activité de la banque désormais nationalisée et rebaptisée "SFIL" avec son stock de produits spéculatifs, continuer à prêter aux collectivités avec des marges suffisantes pour, peu à peu, financer le surcoût des toxiques. En exigeant bien sûr le maximum de prise en charge du surcoût par les collectivités à travers une attitude très dure de non-négociation sur le fond.

La détermination des élus locaux a permis d'obtenir du Premier ministre, à l'époque, un arbitrage pour la création d'un fonds de soutien financé par les banques et l'Etat, malgré l'opposition de Bercy. Ceci pour alléger la facture des collectivités qui ne voulaient pas poursuivre les actions en justice. Ce fonds se révèlera désormais très insuffisant pour soulager les collectivités...Son augmentation semble inéluctable...Mais de toutes façons c'est bien le contribuable français (local et national) qui va se trouver devant une facture très lourde.



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