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Fin de la DUP A 45 : quelques précisions après l'article du Progrès

Publié le : 13 Jul 2020

Un article du quotidien Le Progrès du 15 juillet revient sur la saga de l'autoroute A 45 depuis la déclaration d'utilité publique de juillet 2008. Pour avoir vécu de près l'évolution de ce dossier, il me parait important de rappeler des éléments essentiels peu ou pas évoqués dans l'article.

En premier lieu, il faut se souvenir que l'obtention de la DUP n'a été possible que grâce à l'union de tous les élus, parlementaires et responsables des exécutifs locaux, singulièrement Bernard Bonne, président du Conseil général et moi-même, maire et président de Saint-Etienne Métropole de 2008 à 2014. Et il en a été de même pour la progression du dossier à toutes les étapes après la DUP, sur la totalité de la période. C'est cette unité qui a aussi permis les arbitrages favorables des deux présidents de la république Nicolas Sarkozy et François Hollande. Fin 2014, seul le financement de la région manquait à l'appel, il sera obtenu plus tard après l'élection de Laurent Wauquiez ; celui de l'Etat (400 millions) a été confirmé à plusieurs reprises par François Hollande et son ministre des transports Alain Vidalies.

En second lieu, il est excessif de mettre en évidence l'action de Pascal Clément sur ce dossier. Pour ce dernier, la priorité était évidemment l'A 89 où son rôle a été décisif. Son soutien à l' A45 était surtout un soutien de principe particulièrement après 2008, date à laquelle c'est Bernard Bonne qui été très actif comme président du Conseil général.

Enfin, s'il y a eu nombre d'obstacles à surmonter durant cette période, notamment après l'arrivée du préfet de région Carenco, aucun "pourrissement" n'a été organisé par l'Etat. François Hollande a soutenu le projet jusqu'au terme de son mandat et c'est grâce à lui que les 400 millions de l'Etat sont toujours disponibles aujourd'hui.

Un dossier comme l'A 45 exige le soutien du président de la république, après avis des experts et commissions, c'est ainsi dans notre pays. Aussi, les élus locaux auraient été bien inspirés d'être plus offensifs après 2014 et de régler définitivement le problème avant la présidentielle de 2017 où une nouvelle donne était certaine.

L'échec ressenti aujourd'hui prend clairement sa source dans l'évolution de l'avis de la commission Duron, devenu défavorable en 2018 après avoir été favorable en 2012 : les élus locaux de 2017 n'ont pas su obtenir l'avis favorable, à l'inverse de ceux de 2012, c'est un fait. Ensuite, il est vrai que la composition du nouveau gouvernement avec le maire de lyon au ministère de l'Intérieur créait un contexte défavorable. Un rattrapage possible aurait pu néanmoins se plaider directement auprès du président Macron : encore eût-il fallu éviter d'entrer dans une guerilla politicienne permanente contre lui.
 



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