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Faire de l'enseignement supérieur et de la recherche une priorité nationale

Publié le : 18 Nov 2020

Depuis plus de 10 ans un consensus existe sur la nécessité de porter à 3 % du PIB les dépenses de recherche en France, afin de combler notre retard par rapport aux pays industrialisés. Personne n'en conteste la nécessité car personne ne peut nier l'influence de plus en plus directe de ces dépenses sur la croissance économique et la prospérité du pays. Plus précisément, il faudrait consacrer 1 % du PIB à la recherche publique (0,77 % aujourd'hui) et 2% à la recherche du secteur privé (1,44 % aujourd'hui).

Dans le secteur privé, le principal soutien public passe par le Crédit Impôt Recherche (CIR) attribué aux entreprises qui localisent en France ou y développent leurs activités de Recherche-Développement : le coût élevé (6,5 milliards) de ce CIR doit être mis en rapport avec sa faible efficacité : en 10 ans, ces dépenses des entreprises sont passées de 1,38 à 1,44 % du PIB (en comparaison, elles ont progressé en Allemagne de 1,75 % à  2,10 %). Il est donc indispensable de définir d'autres conditions d'utilisation du CIR pour le rendre plus incitatif, malgré le lobbying intense des plus grands groupes bénéficiaires en faveur du statu quo.

Dans  le secteur public, la loi de programmation pour la recherche (LPR) qu vient d'être votée prévoit une augmentation des crédits de 6 milliards environ sur 10 ans, pour atteindre un total de 25 milliards en 2030, auxquels devraient s'ajouter 6 milliards de crédits du Plan Investissement d'Avenir (PIA) géré séparément par Matignon mais incluant, outre la recherche, des crédits pour l'enseignement supérieur et l'innovation des entreprises. Vu les hausses espérée du PIB et estimée de l'inflation, vu aussi les retards considérables dans l'excécution du PIA, il est probable que le 1% ne sera toujours pas atteint en 2030.

L'effort programmé est pourtant significatif, même s'il devrait être complété au regard des besoins en personnels et de la nécessité d'augmenter leur rémunération, nettement plus faible en France qu'ailleurs en Europe. Pourtant sa mise en oeuvre effective n'est même pas garantie en raison de l'annualité budgétaire ( seul compte le budget voté chaque année), de la complexité des procédures et d'une double administration - le ministère d'un coté, la gestion du PIA de l'autre - sans doute unique au monde !

Pour réellement progresser, il serait souhaitable de faire publiquement de l'enseignement supérieur et de la recherche une priorité nationale affichée en 2022 puis de fusionner le ministère actuel avec la gestion du PIA dans une administration unique placée sous l'autorité directe du premier ministre. Un véritable enjeu pour l'élection présidentielle.



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