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Europe, Brexit: une excellente conférence organisée par En Marche Loire

Publié le : 10 May 2018

Dans le cadre de la "Grande Marche pour l'Europe", En Marche Loire a organisé une conférence sur la question du Brexit et des enjeux européens. A cette occasion, le Pr. Aurélien Antoine, directeur de l'Observatoire du Brexit, a précisé les conséquences de cette décision pour les britanniques et pour l'Europe. Outre la qualité de son intervention, beaucoup de questions ont permis d'approfondir certains aspects. Pour ma part, j'ai retenu les points suivants.

En premier lieu, malgré les nombreuses incertitudes et risques actuels, les britanniques ne remettent pas en cause aujourd'hui leur vote pour le Brexit, pas plus qu'aux Etas-Unis les électeurs ne rejettent D. Trump. Même si ces réalités politiques ne nous (me) plaisent pas, elles restent des réalités. Comme depuis 2016 nous avons aussi connu la montée des nationalismes dans plusieurs pays de l'Est européen, du parti xénophobe AFD en Allemagne, des populistes en Italie...force est de constater que les "forces centrifuges" ne cessent de progresser. Si ce mouvement se poursuit par la montée des eurosceptiques de gauche ou de droite, nous n'aurons aucune chance d'aller vers l' Europe plus sociale, protectrice, dont nous avons besoin : ce sera l'enjeu majeur des élections européennes de 2019 en France comme ailleurs.

En second lieu, A. Antoine a rappelé la fragilité de la situation politique britannique et le poids très important pris par la question irlandaise (Mme May n'a pas de majorité sans les nationalistes britanniques d'Irlande du nord). Nous l'avions oublié...mais la construction européenne a aussi largement contribué à la paix en Irlande. Une sorte de piqure de rappel pour les nombreux conflits auxquels la construction européenne a permis de mettre fin, malgré ses insuffisances. Souhaitons que les conditions finales du Brexit préservent au moins cet acquis.

En troisième lieu, nous ne savons pas aujoud'hui si un accord spécifique de libre échange sera signé entre l'UE et le Royaume Uni ou au contraire si ce sera un "hard Brexit" (application des seules règles de l'OMC pour le commerce). Mais dans tous les cas de figure, le risque de cavalier seul, de guerre commerciale voire de nouveau paradis fiscal concurrentiel aux portes du continent est bel et bien devenu une réalité : moins d'Europe, c'est donc clairement plus de concurence sauvage, plus d'égoisme national, certainement pas la voie du progrès.



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