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Dossier A 45, l'Ă©chec est d'abord politique

Publié le : 09 Feb 2018

La lecture du rapport du Comité d'Orientation des Infrastructures (COI) présidé par Philippe Duron est douloureuse pour le dossier A 45, renvoyé aux calendes grecques si le gouvernement en reprend les recommandations dans la loi à venir. Comment un tel recul a-t-il été possible depuis 2013 où ce projet figurait dans la priorité 1 du rapport Mobilité 21, en compagnie de plusieurs infrastructures qui, elles , sont toujours programmées aujourd'hui ? Au-delà des considérations techniques tranchées depuis longtemps (la DUP date de 2008), c'est la faiblesse politique et la division des élus ligériens qui explique l'essentiel.

Le projet A 45 a toujours été rendu difficile par les réticences des "grands élus" lyonnais et même l'opposition farouche du Conseil Départemental du Rhône, constante de M. Mercier à M. Guilloteau. Pour ces derniers, disons-le clairement, l'ignorance voire le mépris des problèmes des ligériens affleurent dans toutes leurs déclarations. Le Président du Conseil Régional jusqu'en 2015, J-J Queyranne, était resté favorable sur le principe, sans pouvoir toutefois imposer un financement que les écologistes de sa majorité refusaient systématiquement. Ainsi, ce dossier n'a pu progresser de 2008 à 2014 qu'en raison d'une unité totale des parlementaires ligériens et  par l'action intense,  constamment coordonnée entre B. Bonne et moi-même (appuyés de façon discrète mais influente par J. Barrot) . C'est ainsi que nous avons obtenu le soutien du président Sarkozy d'abord, de François Hollande ensuite, condition indispensable pour avancer. Une réunion fut particulièrement houleuse, en 2011, à la Préfecture de Région, mais nous avions pu sauver le projet. D'autres suivirent avec le même résultat en dépit de l'opposition supplémentaire, dès sa nomination, du préfet de  région J-F. Carenco.

Il faut reconnaitre aussi à L. Wauquiez la décision d'apporter les 140 millions indispensables et justifiés de la Région, comme les engagements du Département et de Saint-Etienne Métropole pour conforter le montage financier de la concession approuvé par l'Etat.

L'année 2017 aura malheureusement été celle de l'effondrement politique de notre territoire sur ce dossier.

D'un coté, personne ne peut contester  l'implication de G. Collomb et de M. Mercier dans la victoire d'Emmanuel Macron : elle leur a donné un poids politique considérable qui ne pouvait pas se révéler positif sur la question de l'A 45.  De l'autre, l'instabilité managériale de la ville et de la métropole stéphanoise, la perte de compétences, ont incontestablement nui à la stratégie d'influence qu'il est nécessaire de conduire quasi quotidennement sur un tel dossier. Se sont ajoutées les hésitations et polémiques stupides entre MM. Perdriau et Wauquiez qui firent dire voici quelques semaines au Président de la Région (même s'il s'offusque officiellement aujourd'hui) qu'il ne faudrait pas compter sur lui pour nous aider dans ce dossier...

D'autres évolutions négatives ont également été observées à l'occasion des élections législatives et sénatoriales. Des parlementaires jusqu'ici bien disposés à l'égard du projet A 45 ou a minima neutres ont brusquement changé d'avis en 2017 en en devenant des opposants déclarés. Evolution évidemment catastrophique de R. Juanico, C. Cukierman et B. Fournier pour le rapport de forces à construire au niveau national. Evolution aggravée par l'élection d'un 3eme sénateur (J-C Tissot) opposé de longue date et  dont le territoire de proxlmité est déjà bien relié à Lyon grâce à l' A 89.  Autrement dit, les voix des écologistes et des petites communes valent bien une autoroute !

Avant la présentation de la loi, la ministre des Transports E. Borne a prévu de recevoir les élus locaux. J'imagine avec consternation l'image que donnera notre département dans la salle de réunion du boulevard Saint-Germain que je connais bien : d'un coté les élus du Rhône, puissants et unis contre l'A 45. De l'autre une cacophonie indescriptible de la Loire qui permettra sans difficulté à la Ministre de dire que, finalement, "le dossier n'est pas mûr" 10 ans après la DUP  et sans doute pour 30 ans encore.

A long terme, je suis conviancu que ce dossier sera "le Brexit" de la Loire si une autre option plus favorable n'est pas finalement retenue par le gouvernement.



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