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Arrêter la course de vitesse pour dissoudre l'université Jean Monnet

Publié le : 12 Feb 2020

L'imagination du ministère de l'Enseignement Supérieur et des présidents des universités de Lyon 1, Lyon 3 et Saint-Etienne est sans limite. Quelle créativité administrative !

Certainement confortés par l'abandon en rase campagne du maire de Saint-Etienne officiellement annoncée dans la presse, les présidents concernés ont fait rédiger de nouveaux statuts répondant formellement à certaines demandes du jury. En réalité, l'ENS Lyon conservera l'essentiel - sa personnalité juridique et morale - exactement ce que devraient exiger ensemble l'Université Jean Monnet et le maire de Saint-Etienne s'ils défendaient vraiment l'intérêt du territoire.

Mais la nouveauté est ailleurs, dans l'accélération prévue du calendrier pour liquider Jean Monnet dès le mois d'avril, via le vote des nouveaux statuts (validés par l'Etat).

Pour y parvenir, on ne lésine pas sur les moyens. Il apparaît ainsi que les statuts de l'université de Lyon seront soumis au vote de Lyon 3 dès le 24 mars, lors d'une séance avancée de quelques jours, juste avant les nouvelles élections de membres du Conseil, le décret prévoyant en plus le prolongement du mandat du Président et du CA actuel jusqu'à fin 2020. Le futur conseil élu de Lyon 3 aurait en effet pu rejeter ces statuts...

Reste à connaitre la date de la disparition de l'université Jean Monnet, c'est-à-dire celle de la réunion de son Conseil d'Administration appelé à voter lui aussi ces nouveaux statuts. Sans doute en avril, peu après les municipales, dont l'importance est donc encore réhaussée. Le maire élu devra s'oipposer à cette dissolution, convaincre le CA et faire de nouvelles propositions.

Outre le résultat des municipales stéphanoises  l'annulation des élections étudiantes au CA de Lyon 1 après un recours juridique va obliger à revoter, donc réélire le Président à Lyon 1. Mais le statu quo semble acquis.

Dans notre Etat laïc il faut donc croire à un miracle, par définition improbable : un éclair de lucidité du nouveau maire et de l'université Jean Monnet pour exiger du Ministère et du Président de la République le statut "d'Etablissement-composante" (comme l'ENS) ou d'Etablissement associé. L'ordonnance de décembre 2018 le permet parfaitement (Voir la pièce jointe) contrairement à l'affirmation erronée de la ministre.

C'est une décision purement politique, dans le meilleur sens du terme, qui permettrait à notre ville de participer pleinement au projet de l'Université de Lyon tout en conservant ses pouvoirs universitaires indispensables à la poursuite de la démocratisation de l'accès aux études supérieures de milliers de jeunes et à sa contribution au développement économique territorial.

Dans l'hypothèse inverse, Saint-Etienne perdrait son statut de ville universitaire de plein exercice et s'engagerait inéluctablement dans une nouvelle phase de régression.
 



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