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Après le Covid, quel projet de société ?

Publié le : 14 Apr 2020

Bien que la pandémie soit loin d'être terminée et que ses conséquences géopolitiques, économiques, sociales, environnementales restent largement imprévisibles, l'initiative de diverses personnalités en faveur d'une concertation citoyenne Le Jour d'après est intéressante.

Un débat de fond sur l'avenir de notre pays et de nos sociétés s'engagera nécessairement dans les prochaines semaines. En France, nul doute qu'il modifiera sensiblement le contexte de l'élection présidentielle de 2022 même si la pandémie est complètement vaincue à cette date, comme on peut l'espérer.

A priori, l'impact du virus devrait favoriser les partis de gauche puisqu'il met en évidence plusieurs limites de la mondialisation portée par les USA et et la Chine depuis une trentaine d'années sous l'influence de la pensée économique libérale. L'appel récent de plusieurs personnalités pour un rassemblement général des partis de gauche dans Le Monde le confirme, sans  éviter quelques critiques caricaturales et susciter des espoirs peu crédibles  : le jeu purement partisan mais aussi les divergences de fond entre ces composantes rendent en fait cette convergence impossible, comme en témoignent le populisme à vocation hégémonique de J-L Mélenchon et sa mise en cause récente par la tête pensante des écologistes J. Bayou.

Pour tous les citoyens progressistes, la prise de conscience planétaire des dégâts de la mondialisation, notamment sur le plan environnemental, l'émergence d'un monde plus juste et solidaire, moins inégalitaire et attentif à chaque territoire sont espérées comme des réponses au drame en cours.

Il est malheureusement probable que cette heureuse perspective se heurtera aux divergences des intérêts nationaux, d'un ordre international en plein bouleversment, traversé de conflits de toutes natures, et de la domination quasiment totale du capitalisme, sous diverses formes, sur l'ensemble de la planète.

Aussi, c'est certainement dans l'exigence d'une régulation internationale beaucoup plus forte de l'économie de marché , dans tous les domaines - en commençant par celui de la santé - que se situe l'espoir de nouveaux progrès. Autant par souci de réalisme que par la constatation de l'échec de tout système d'économie administrée ou rigoureusement  "planifiée" puisque le terme revient à la mode : s'il y a une utopie crédible à rechercher, c'est donc plutôt celle d'une économie sociale de marché généralisée, enfin mondialement régulée. Une nouvelle social-démocratie à repenser et reconstruire.

 

 



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