A LA UNE

Après la pandémie, une nouvelle guerre froide ?

Publié le : 16 Apr 2020

En mettant en évidence la place et le rôle nouveaux occupés par la Chine dans les organisations internationales (l'OMS en l'occurence), en Afrique, etc. la pandémie accélère la prise de conscience de la montée en puissance considérable de son influence, parallèlement à l'isolationisme croissant de l'Amérique de Trump.

A l'inverse, sa responsabilité dans le retard de la gestion de l'épidémie est susceptible de l'affaiblir : inéluctablement, un tel désastre humanitaire mondial ne pourra rester sans explications détaillées, la Chine ne pouvant se réfugier indéfiniment dans le nationalisme en essayant de réécrire l'histoire... Les pertes humaines en Chine sont elles-mêmes susceptibles d'entrainer des contestations intérieures au sein du pouvoir. Une double incertitude, externe et interne, existe donc avecnotamment le risque d'une nouvelle guerre froide conduite par les USA à son encontre.

Les Etats-Unis portent d'ailleurs eux aussi une réelle incertitude, au moins jusqu'en novembre 2020 en raison de l'irrationalité et l'imprévisibilité de Trump...Mais peut-être sera-t-il remplacé après ses multiples errements ? Cependant, on se souvient que même sous Obama les USA avaient déjà tendance à se préoccuper davantage de l'Asie et de la Chine, moins de l'Europe, à réduire leur présence extérieure...L'élection éventuelle de Joe Biden ne changera pas forcément ce logiciel, avec plus de cohérence et moins d'agressivité, espérons-le.

En Russie, nul ne peut prévoir les conséquences du Covid 19, face à un système de santé dont la qualité est présentée comme très médiocre hors de Moscou. Mais le verrouillage du système par Poutine devrait favoriser malgré tout la stabilité.

Logiquement, conforter l'Europe devrait s'imposer comme une évidence : pourtant, chaque décision collective demeure difficile, autour de compromis insuffisants. Et l'intégration ne progresse pas, ou très peu. Le rôle des nations, notamment de l'Allemagne et la France restera essentiel. Voir l'analyse de jean yves Le Drian, dans Le Monde.

Si la pandémie touche très gravement l'Afrique, comme on peut le craindre, la pression migratoire se renforcera probablement en générant en réponse une demande de protection accrue par les peuples européens. L'annulation de la dette proposée par E. Macron est une bonne chose, mais elle n'a pas été reprise par le G 20 et ne résoudra pas, de toutes façons, les problèmes de pauvreté aggravés par le recul de la mondialisation.

Devant les conséquences mondiales encore imprévisibles aujourd'hui d'une telle catastrophe sanitaire rien n'est écrit, mais le risque d'une nouvelle progression des nationalismes paraît à ce stade malheureusement plus probable que la progression souhaitable des coopérations et de la régulation internationales.



Autres articles de cette rubrique