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Après l'échec de l'IDEX Lyon-Saint-Etienne, le gouvernement devrait renoncer à l'application sélective de l'ordonnance de 2018

Publié le : 02 Nov 2020

La demande centrale du "Collectif UJM" appuyée par 80 % de la communauté universitaire et plusieurs centaines de personnalités du monde économique et scientifique  était de conserver la personnalité morale et juridique de l'établissement (son autonomie) dans le regroupement Lyon-Saint-Etienne.

Cette demande - il est vrai non soutenue par la présidente de l'université, ultra minoritaire - était parfaitement justifiée par l'histoire de l'université, son implication essentielle dans le développement local, l'absence de garanties sur la réalité des pouvoirs maintenus à Saint-Etienne.

Elle est aussi compatible avec les textes en vigueur, notamment l'ordonnance du 12 décembre 2018 où cette possibilité est bien prévue pour tous les établissements qui le souhaitent : " ils sont dénommés « établissements-composantes » de l'établissement public expérimental " selon l'article 1 de l'ordonnance.

Ce n'est un secret pour personne : ce texte a été voté pour sortir de la situation kafkaienne de Saclay, où tout rapprochement statutaire entre les établissements était bloqué depuis des lustres, conduisant à une invisibilité internationale du premier pôle de recherche français. En assouplissant les conditions de regroupement, il a permis la création de l'établissement expérimental de Paris Saclay qui rassemble désormais plusieurs grandes écoles autour de l'ex-université d'Orsay. Avec une première reconnaissance : Paris-Saclay est apparue quelques mois plus tard à la 14ème place du "classement de Shanghai", sous les corocicos unanimes.

Autrement dit, l'Etat ne souhaite pas accorder à l'université Jean Monnet ce qu'il a accepté pour Saclay, mais aussi pour les IDEX Paris Sciences et Lettres, l'université de Côte d'Azur, CY Cergy (I-site) etc. La raison avancée serait que l'ordonnance n'est valable que pour les "grandes écoles", pas pour les universités, contre toute évidence juridique.

Cette politique est injustifiable à long terme car elle conduit à stigmatiser des pôles universitaires reconnus internationalement. Elle est aussi intenable car elle affiche aussi une forme de mépris pour les équipes d'excellence présentes dans les nombreuses universités "moyennes" voire "petites", décisives pour le développement régional mais laissées à l'écart des IDEX.

Pour avancer et mobiliser positivement universitaires et chercheurs, il suffirait d'appliquer à tous, sans discrimination, cette ordonnance de 2018 : une décision simple, politique dans le meilleur sens du terme.



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