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Après l'échec de l'A 45, la politique de la chaise vide de la droite ligérienne...

Publié le : 12 Jul 2020

J'ai toujours défendu l'autoroute A 45 et me suis beaucoup impliqué dans ce dossier durant mes mandats électifs. Bien que ne faisant pas l'unanimité à gauche, notamment parmi les élus sensibles aux enjeux écologiques, cette infrastructure devait pour moi être pensée dans une perspective de long terme (une autoroute fonctionne sur 50 ou 100 ans), comme un outil indispensable de désenclavement routier de Loire Sud.

En effet, contrairement aux arguments avancés par les opposants, ni le train, ni une hypothétique alternative routière au sud de Givors ne sont (et ne seront) en mesure d'apporter les mêmes fonctionnalités. Sans être évidemment la solution idéale ni résoudre tous les problèmes, l'A 45 aurait apporté sa part d'amélioration à l'accessibilité de notre ville, condition de base de son développement futur.

D'ici 10 ou 15 ans, quelques années seulement après sa mise en service prévue, la généralisation des motorisations électriques ou hydrogènes aurait réglé les problèmes de pollution atmoshérique et une coopération intelligente avec les élus lyonnais aurait pu permettre le raccordement au pôle multimodal à la future arrivée de la ligne B du métro près des Hôpitaux Lyon Sud, évitant ainsi l'engorgement de la ville de Lyon par des véhicules supplémentaires.

Mais sans DUP, sans nouvel accès autoroutier, rien de celà ne sera possible et Saint-Etienne continuera à subir pendant des dizaines d'années la saturation ingérable et très dangereuse de l' A47 que les usagers ne connaissent que trop bien.

C'est donc un lourd échec subi par notre territoire, un recul de 30 ans, largement imputable aux (non) décisions des élus de droite qui détiennent tous les pouvoirs locaux et régionaux depuis 2014 et 2015. En effet, quasiment tous les obstacles avaient été surmontés jusqu'en 2014 et il suffisait à la Région Auvergne Rhône Alpes de lever le dernier (sa part de financement) au plus vite pour que le dossier puisse être finalisé avant 2017. Les retards pris, les bisbilles entre élus, le manque de suivi évident de la 2ème commission "Duron" en 2018 ont conduit à la rétrogradation de ce dossier par la même commission qui, 6 ans plus tôt, l'avait retenu comme priorité ! Alors même que l'Etat avait acté (et maintient d'ailleurs encore aujourd'hui) sa contribution de 400 millions d'euros.

Que penser, enfin, de l'absence purement politicienne de ces mêmes élus aux réunions organisées depuis 3 ans  pour débattre de l'utilisation de ces 400 millions au bénéfice d'aménagements alternatifs ? Cette politique de la chaise vide est la pire de toutes, dans la mesure où ces 400 millions risquent bien, dans ces conditions, d'être orientés vers des projets plus intéressants pour le Rhône que pour la Loire. Celle-ci pourrait légitimement demander, par exemple, une mise à 2 fois 2 voies de la RD 42 (342 - les "montagnes russes") pour relier le Gier à Saint-Genis Laval et le pôle d'échange multimodal de Lyon Sud : encore faudrait-il assister aux réunions organisées par l' Etat.



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