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Après Wauquiez, toujours deux lignes à LR

Publié le : 03 Jun 2019

La véritable surprise des élections européennes est l'effondrement de LR.

Même un score de 12 à 14 % annoncé par les sondages aurait été un échec, contrairement aux commentaires majoritairement bienveillants pour M. Bellamy. Mais 8, 48 % était imprévisible et impensable compte tenu de l'implantation nationale de ce parti.

En plus des raisons avancées (rétrécissement caricatural du projet politique, rejet de L Wauquiez), on ne peut pas comprendre un tel score - notamment dans les fiefs urbains de LR comme l'ouest parisien - en ignorant le caractère très spécifique de l'élection européenne : un scrutin où l'électeur fait un choix de coeur compte tenu des pouvoirs jugés limités du parlement européen. Traditionnellement, cette caractéristique bénéficie beaucoup aux écologistes ou aux stars du moment comme B. Tapie en 1994 : cette fois, elle profite à nouveau à Europe Ecologie mais aussi à LaREM avec le basculement massif de la droite pro-européenne séduite par la politique d'Emmanuel Macron depuis un an et heurtée par les discours et attitude de Laurent Wauquiez.

Dans ce contexte, la démission de Laurent Wauquiez, isolé et désavoué,  s'est imposée à lui.

Il est possible que LR se fasse discret jusqu'aux élections municipales avec une direction de transition et que de nombreux maires cherchent à cacher leur appartenance, comme M. Perdiau à Saint-Etienne, avant de la ressortir quand la bourrasque sera passée (si elle passe). Il n'en demeure pas moins que 2 lignes différentes existent toujours dans ce parti, la ligne "conservatrice-identitaire" Ciotti-Retailleau que Wauquiez a poussée à son paroxysme, et la ligne "libérale-européenne" affaiblie par le départ de V. Pécresse et de plusieurs maires importants, sans compter X. Bertrand délibérement situé hors du parti. En octobre, LR devra bien trancher avant de désigner un nouveau chef, candidat pré-désigné - ou non  - pour 2022.



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