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Anne Hidalgo pourrait-elle représenter le courant social-démocrate en 2022 ?

Publié le : 01 Oct 2020

La décision de Bernard Cazeneuve de ne pas être candidat à l'élection présidentielle et la confirmation d'une politique de centre-droit par le président Macron après la nomination du gouvernement Castex posent la question de la représentation du courant social-démocrate dans les années à venir.

Longtemps dominant au sein du PS et à l'origine de la plupart de ses succès nationaux comme locaux depuis 1977, ce courant de pensée a éclaté lors de l'élection présidentielle de 2017 : devant le risque d'une alternative limitée au choix Fillon - Le Pen, une large majorité d'électeurs et d'élus a soutenu Emmanuel Macron, les autres choisissant Benoit Hamon et le vote écologiste que celui-ci représentait aussi.

Presque 4 ans plus tard, c'est seulement une minorité qui continue à soutenir le Président de la République, dont l'essentiel de l'électorat vient aujourd'hui de la droite, en cohérence avec ses principales décisions et positions depuis 2017.

La forte dimension personnelle de l'élection présidentielle exige l'incarnation des idées dans une personnalité suffisamment charismatique et rassembleuse qui manque aujourd'hui aux sociaux-démocrates, dans un contexte de grande division à gauche.

En effet, J-L Mélenchon et les écologistes ont déjà acté, chacun de leur coté, la décision d'avoir un candidat. L'évolution de Génération-s derrière les écologistes, voire les Insoumis se confirme chaque jour davantage, et le PS d'Olivier Faure n'a pas tranché entre une absence pure et simple qui consacrerait son effacement définitif et une candidature risquée pour laquelle Anne Hidalgo semble aujourd'hui la plus sollicitée.

Si elle devait accepter le défi, Anne Hidalgo pourrait-elle incarner une social-démocratie rénovée par une ambition écologique nettement réévaluée ? C'est une question qui se posera alors pour elle.

En effet, au regard de la situation actuelle, nombre d'électeurs sociaux-démocrates seront tentés par l'abstention au premier tour, voire un soutien par défaut au président sortant. Sauf à se contenter d'une candidature de simple témoignage (voir le sondage du JDD), cette exigence se posera à tout candidat potentiel issu ou proche du PS. Elle prendra encore davantage d'importance si c'est Eric Piolle, c'est-à-dire un candidat orienté vers la radicalité, qui obtient les faveurs d' EELV (curieusement ce candidat déclaré n'est pas testé par le JDD).

Un espace politique significatif pour le porteur d'un projet social, écologique, républicain et démocratique rénové a toutes les chances d'exister en 2022. Anne Hidalgo pourrait l'incarner, si elle le souhaite.

 



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