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À propos du débat sur le foulard islamique

Publié le : 04 Nov 2019

Depuis plusieurs années, le foulard islamique dont l'utilisation et la visibilité s'accroissent est un symbole qui questionne profondémment nos concitoyens. Ce n'est pas qu'un phénomène médiatique, toutes les enquêtes en attestent, c'est une préoccupation large dans notre société.

La raison profonde de cette situation tient à la triple signification simultanée du port du foulard : religieuse, sexiste et politique.

Jusqu'ici la réponse de l'Etat et du législateur s'est concentrée sur la seule dimension religieuse, à travers des textes portant sur l'application du principe de laïcité, avec aujourd'hui la question de son application ou non à la situation " limite" des sorties scolaires ( on peut effectivement considérer en toute objectivité que ce principe devrait ou ne devrait pas s'imposer aux accompagnatrices, précisément parce que c'est une situation qui relève simultanément du temps scolaire et de la vie sociale).

Mais ne nous y trompons pas, si l'écho de cette résurgence est si fort dans l'opinion, et si l'opposition au port du voile lors des sorties scolaires est si importante ( 70% environ) ce n'est pas pour sa signification religieuse mais pour les deux autres raisons, effectivement problématiques : l'attachement majeur à l'égalité homme / femme et à la République, dont l'Islam politique est l'ennemi le plus agressif aujourd'hui.

Plutot que de s'inscrire dans la polémique actuelle des sorties scolaires ou l'application du principe de laïcité suffit, le gouvernement serait mieux inspiré d'accélérer son engagement dans l'éducation pour la parité, l'égalité homme femme en disant clairement et unanimement (au delà de JM Blanquer)  que de ce point de vue "le port du foulard n'est pas souhaitable". Et d'en faire de même contre tous les discours ouvertement politiques portés ici et là par des groupuscules sectaires, en étant plus offensif dans la fermeture des espaces et l'interdiction des associations concernés. Voire en exigeant de pays par ailleurs amis (Arabie Saoudite, Quatar) qu'ils dénoncent tout soutien à ces dérives.

C'est cette réponse, me semble-t-il, que l'on est en droit d'attendre du Président de la République. 

 

 

 

 

 



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