A LA UNE

14 juillet 2020, un entretien présidentiel dans la continuité

Publié le : 14 Jul 2020

Comme toujours, Emmanuel Macron a montré sa connaissance des dossiers. Il a rappelé à juste titre que grâce aux efforts de tous, à la qualité de son système de santé, la France se sortait très honorablement, sur le plan sanitaire, de la crise du Covid 19. Notre pays a aussi trouvé les moyens de s'adapter aux risques qui subsistent pour échapper à un deuxième confinement éventuel. Le président a su insister sur l'engagement massif de l'Etat pour préserver le maximum d'emplois, les 8 milliards supplémentaires attribués aux soignants (certes imposés par l'actualité), l'ampleur du plan de relance annoncé sous réserve de sa traduction concrète, notamment pour l'emploi des jeunes, la mobilisation de nouvelles ressources, enfin, pour financer la dépendance. Un ensemble de bonnes décisions, difficilement contestables pour tous ceux qui veulent conserver une once de crédibilité. La nouvelle méthode annoncée - plus de concertation et d'attenion aux territoires - est louable mais devra être jugée sur pièces.

Cependant, il n'a rien cédé sur une vision de la société où la solidarité fiscale et sociale est perçue sinon comme excessive, du moins comme ayant atteint un maximum. Rien donc sur une contribution des plus aisés aux financements publics, à l'heure où la dette va atteindre 120 % du PIB et où le confinement a déjà produit...75 milliards d'épargne privée supplémentaire ! La libération des initiatives individuelles est censée produire un supplément de croissance permettant à terme de faire reculer cette dette...ce qui ne s'est pourtant jamais produit depuis 50 ans. En fait, cette dette supplémentaire sera transmise aux générations futures.

Au-delà, c'est l'incapacité à mesurer l'ampleur des attentes des français en matière de justice sociale qui ressort, encore une fois, comme une constante. La confirmation d'un virage au centre-droit engagé depuis longtemps qui laisse la base de son électorat de 2017 en déshérence au risque de mettre en danger sa candidature en 2022. D'autant qu'une autre demande sociale, celle d'une  protection renforcée, a été peu abordée et restera un des terrain de prédilection de la droite malgré ses échecs répétés dans les villes qu'elle dirige.



Autres articles de cette rubrique