Le risque d'un boulevard durable pour la droite et l'extrême-droite

La gauche vit une période particulièrement délicate, personne ne peut se le cacher et sous-estimer les effets potentiellement dévastateurs du mouvement déclenché ces derniers mois. L'un des derniers épisodes, la candidature clairement "hors primaires" de Emmanuel Macron  s'ajoute aux démarches déjà engagées de Cécile Duflot et Jean-Luc Mélenchon pour montrer combien, aujourd'hui, plus personne n'a en tête l'élimination surprise de Jospin en 2002. L'éclatement de la gauche semble acté, la défaite anticipée, les ambitions des uns et des autres concentrées sur des "parts de marché" à préserver pour l'après 2017.

Tout autant que la gauche, c'est aussi l'éclatement du PS qui est en gestation. Il a été en réalité enclenché depuis longtemps, avec le refus des "frondeurs" de voter le budget et, pire, leurs motions de censure contre le gouvernement. Bien sûr, les désaccords sont légitimes au sein d'un parti, et les débats toujours nécessaires. Mais là, le rubicon a été franchi, dans une 5eme république dont tout le monde connait le fonctionnement binaire. Quant au budget 2017, il contient de nombreuses mesures de justice sociale tout en confirmant le rétablissement des comptes publics : il faut le dire clairement, ne pas voter ce budget, c'est aggraver définitivement ces fractures pour des raisons purement politiciennes.

Après Duflot et Mélenchon, Macron, Hamon (sans oublier Montebourg dont on ne connait pas encore la décision) et leurs amis se rendent-ils compte qu'ils ouvrent pour 20 ans un boulevard à la droite et à l'extrême-droite ? Ils pourront alors se partager durablement 15 % des voix des français et, ici ou là, conserver leurs sièges. Mais, pendant ce temps, les salariés et les plus démunis devront supporter nombre de reculs sociaux.

Reste un espoir, sans doute : entre Macron et Hamon, il y a le socialisme ! Ou plus précisément un socialisme moderne à promouvoir et construire.

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