Contre les inégalités, Macron doit changer de politique

Emmanuel Macron a fait de la lutte contre les "inégalités de destin" son mantra en matière sociale, avec comme symbole le dédoublement d'une partie des classes des écoles maternelles et élémentaires. C'est bien mais cela restera insuffisant et incompris en l'absence d'une politique simultanée contre les injustices sociales et fiscales. Le Président doit donc changer de discours et de politique dans ce domaine, lesquels expliquent 80 %  des oppositions qu'il rencontre. Il serait bien insipiré de le faire à l'occasion de la réforme des retraites, le système par points permettant tout à fait d'accroitre la solidarité (voir article suivant sur Piketty)

Faut-il rappeler que Nicolas Sarkozy  avec son bouclier fiscal puis François Hollande ( forte baisse de la fiscalité des entreprises, hausse de celle des ménages jusqu'en 2015) ont été battus en grande partie sur ces décisions déséquilibrées ? S'il ne change pas, Emmanuel Macron risque même d'être débordé sur sa gauche par une "droite sociale" habile à discourir sur le sujet ("Mangez des pommes !)  avant de retrouver sa culture et son électorat privilégiés dans l'exercice du pouvoir. Aujourd'hui MM. Baroin ou Bertrand pourraient l'incarner sans difficulté.

Persister à nier ce motif de rupture avec la société française serait d'autant plus dangereux qu'un problème d'image se pose pour le Président, qui a toujours du mal à ne pas apparaître comme donneur de leçons. Là encore il faut s'en souvenir, l'image de la personnalité des anciens présidents n'a pas été pour rien dans leur échec : "président bling-bling" et sans retenue, limite vulgaire pour Sarkozy, "trop normal", attentiste et hésitant pour Hollande. L'exposition permanente aux médias en tous genres ne pardonne pas.

Aujourd'hui, la  priorité d'un Président est d'être un rassembleur conscient que demander des efforts à tous implique de ne pas en exonérer les plus favorisés.

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