Elections Européennes, quelques observations

Les résultats des élections européennes 2019 montrent une belle résistance de La République en Marche : il est rare, en effet, qu'un parti au pouvoir dépasse les 20 % à ce type d'élection. Ils traduisent aussi un tassement du Rassemblement National, en recul de 1 % par rapport à 2014 : même si son score reste élevé, sa progression enrayée confirme l'heureuse prise de conscience du caractère indispensable de l'Union Européenne, malgré ses insuffisances et ses défauts.

L'effondrement de "Les Républicains" marque un échec historique de ce parti, que ses électeurs pro européens déboussolés par un discours réactionnaire et fermé ont quitté pour La République en Marche. Celui de la France Insoumise exprime les limites d'un discours antilibéral agressif, caricatural et porteur du risque d'éclatement de l'Union Européenne.

Le succès d'Europe Ecologie n'est pas le premier dans une élection européenne : c'est autant un vote refuge pour des  électeurs de gauche désorientés par les divisions et les querelles d'appareils qu'un signal d'alerte plus large, justifié par l'urgence d'accélérer la lutte contre le réchauffement climatique et pour la protection de l'environnement.

Ces élections européennes vont sans doute entraîner de profondes modifications dans les orientations des partis politiques sanctionnés, peut-être des départs ou démissions de personnalités. Ce serait logique.

Concernant la République en Marche, il faut reconnaitre que ce bon score est du en grande partie à son positionnement au centre-droit depuis un an et à l'engagement européen d'Emmanuel Macron. Mais pour l'avenir, cette orientation droitière (excessive à mon sens) ne saurait être considérée comme satisfaisante. Face au RN, aux tenants de la fermeture et du repli national, le parti du président devra rassembler beaucoup plus largement et marcher sur ses deux jambes, gauche et droite, en intégrant des ambitions écologistes traduites dans des décisions concrètes. C'est tout l'enjeu des années à venir, aussi bien au niveau national qu'européen. La dimension réellement progressiste de l'action de LaRem, comme sans doute son succès ou son échec en 2022 se joueront sur cette capacité à constituer le parti réellement central de la politique française.

A Saint-Etienne, les Européennes 2019 se révèlent bien différentes de celles de 2014, où le contexte du vote anti Hollande était resté déterminant comme aux municipales quelques mois plus tôt.

En dehors des tendances nationales que l'on retrouve globalement, il est intéressant de noter que le RN recule davantage dans notre ville qu'au niveau national : avec 19,54 % à Saint-Etienne, il perd près de 3 points par rapport à 2014 ( 22, 16 %), alors que son recul est limité à 1 % au niveau national.

En résumé :

1/ Si le vote protestattaire progresse à la gauche de la gauche, il régresse à l'extrême-droite, dans notre ville au caractère pluriculturel de plus en plus marqué.

2/ Le vote Ecolo, un peu plus fort qu'au niveau national, exprime à la fois la sensibilité de ces questions (en justifiant d'ailleurs l'ampleur des actions municipales menées sur ce plan de 2008 à 2014) et le transfert au détriment de l' ex gauche de gouvernement.

3/ La chute de la droite est quasiment identique à celle du niveau national et LaREM obtient le même résultat : l'action de la municipalité actuelle ne convainc pas et les discours fortement anti Macron du maire sont sans effet sur l'audience de La République en Marche.

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