Revenir sur la baisse de l'ISF et la réforme des APL

Les budgets de l’état et de la sécurité sociale pour 2018 constituent à la fois des actes fondateurs pour le quinquennat qui s’ouvre et des éléments essentiels pour retrouver durablement un déficit des comptes publics inférieur à 3 % du PIB. Cette réduction est elle-même indispensable à la crédibilité européenne et internationale de notre pays, sa concrétisation est donc absolument nécessaire.

Pour l’atteindre, le gouvernement compte surtout sur une baisse du déficit de la sécurité sociale et des dépenses des collectivités territoriales. Or celles-ci sont « vent debout » pour des raisons en partie justifiées mais aussi fortement politiques : on voit mal Laurent Wauquiez, pour ne citer que lui, faciliter la tâche du gouvernement en 2018...S’ajoutent des incertitudes sur plusieurs points, notamment le contentieux sur la fiscalité passée des dividendes ( 9 milliards !).

Dans ce contexte, maintenir la réduction de l’ISF est une double erreur. D’une part la perte de 3, 2 milliards risque d’être lourde de conséquences au moment de l’exécution du budget, d’autre part cette décision est incompréhensible par l’opinion après l’annonce des efforts demandés au plus grand nombre. Elle occulte, enfin, les nombreuses mesures positives de ces budgets injustement critiquées par le PS comme par LR.

La réforme des APL et du financement du logement social souffre pour ce qui la concerne d’une concertation très insuffisante et d’une préparation dans l’urgence alors qu’elle ne figurait pas dans le programme du candidat Macron. La sagesse commande donc de la reporter en mesurant bien toutes les conséquences sociales mais aussi économiques, afin d’éviter le grave risque d’un recul significatif de l’investissement et de l’emploi dans ce secteur.

Aider le President de la République à réussir, c’est aussi le mettre en garde contre ces erreurs qui risquent de se payer cher en terme d’image et surtout de résultats. Il est encore temps de les éviter.

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