Partout, la montée des nationalismes

L'évolution récente du monde à de quoi inquiéter. Sur la forme, le recours à l'insulte du président d'un grand pays, la Turquie, d'un ambassadeur d'un plus grand encore, la Chine, et le mépris affiché de la Russie pour la liberté d'expression donnent le ton de relations internationales marquées par les prétentions décomplexées de nationalismes de plus en plus vindicatifs.

Les pires moments de l'histoire risquent donc de revenir. Les ambitions chinoises paraissent de loin les plus inquiétantes, fortes du poids démographique de ce pays, de la volonté de revanche par rapport à sa gloire passée qu'on sent poindre chez ses dirigeants, par ses capacités technologiques et économiques considérables et l'encadrement militaire de sa population.

Pour nos pays démocratiques, le basculement du centre géopolitique du monde vers le Pacifique ne change rien : les démocraties européennes ne compteront pas dans l'évitement des conflits potentiels sans affirmation de l'Europe, et celle-ci ne peut aujourd'hui se passer du soutien américain, qu'on le veuille ou non. Son rôle peut être cependant décisif si elle conserve une autonomie stratégique et une autorité morale suffisantes pour d'une part tenir tête aux nouveaux dictateurs de l'Est et d'autre part aider à contenir le risque de dérives américaines parfois désastreuses comme on l'a vu en Irak. La voie est étroite, mais aussi indispensable à la sécurité du monde de demain, celui de nos enfants.

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