La fusion des universités Lyon-Saint-Etienne définitivement abandonnée, et maintenant ?

Dans un communiqué publié le 29 octobre, le ministère de l'enseignement supérieur le Secrétariat Général Pour l'Investissement (SGPI) placé auprès du premier ministre ont confirmé leurs précédentes déclarations en considérant que le projet IDEX Lyon Saint-Etienne réduit à 4 établissements devait être "iimmédiatement et définitivement arrêté" après le vote négatif du CA de l'université Jean Monnet. L'autonomie de l'UJM est donc  sauvegardée, ce qui est évidemment une victoire pour les universitaires et notre territoire.

Il faut saluer la détermination et la force de conviction du "Collectif UJM" qui a su rassembler 80 % des enseignants, chercheurs, personnels et étudiants sur ses propositions. Il faut souligner aussi la forte mobilisation de nombreuses personnalités locales autour du doyen Queneau et de Noël Paul. Les médias, particulièrement Le Progrès ont joué leur rôle indispensable d'information de l'opinion sur un sujet déterminant pour le territoire. Quant aux collectivités, Saint-Etienne Métropole a su changer complètement son analyse par rapport à son soutien initial à la fusion (février 2019) et s'engager sans ambiguité. On aurait aimé entendre aussi les voix de Georges Ziegler et de Laurent Wauquiez à quelques jours du vote décisif : ce n'a pas été le cas et ce silence restera comme une faute politique devant un enjeu aussi crucial pour la Loire. Ne parlons pas des représentants officiels du monde patronal,  discrédités par leur ralliement final inconséquent au patronat lyonnais.

A court terme, le communiqué de l'Etat confirme implicitement dans son dernier paragraphe que les projets d'excellence Labex et Equipex en cours ne sont pas menacés, pas plus que la possibilité de postuler à de nouveaux : c'est logique et heureux.

L'avenir à long terme se présente à nouveau ouvert aujourd'hui, dans une perspective de relance des coopérations avec tous les établissements lyonnais et bien au-delà, qui n'a cessé d'être réaffirmée par le Collectif UJM et les personnalités opposées au projet dont j'ai toujours fait partie : améliorer sans cesse la qualité de l'enseignement et de la recherche, ADN des universités, est incompatible avec toute fermeture sur sa seule institution ou son seul territoire. iI n'a jamais existé aucune université "locale" ou "municipale" dans le monde, tout simplement parce que ces expressions sont des oxymores.

C'est aux universitaires engagés pour l'avenir de l'UJM qu'il appartient en priorité de formaliser un nouveau projet. Mais pas à eux seuls. Les enjeux relatifs à la poursuite de la démocratisation des études supérieures, du développement de la recherche et de l'innovation, de la création d'entreprises justifient la participation de toute la société à ce débat public. C'est dans cet esprit que je continuerai à m'exprimer en toute liberté sur le futur d'une université à laquelle je suis particulièrement attaché - cela n'a échappé à personne - et que j'invite les responsables socio-économiques, les medias et tous les citoyens à le faire. D'autant plus que cette question est indissociable d'une autre, plus large, sur la politique universitaire et scientifique de notre pays que j'aborde dans un autre article sur ce blog.

 

A LA UNE